Je vais vous parler d’un
projet littéraire que j’ai en tête depuis un moment et auquel
je vais désormais consacrer la majeure partie de mon temps libre.
L’objectif sera de mêler les formes électroniques et papier,
l’édition classique et l’édition
web.
J’ai l’intention d’écrire un roman
épistolaire par blog. La question littéraire qui me passionne le
plus est celle du point de vue. Et à ce niveau les blogs sont un
terrain d’exercice particulièrement
intéressant.
Ne parlons que des blogs de qualité
(je n’ai pas spécialement envie de perdre mon temps avec le
langage sms) et jetons un œil à leurs différentes formes. Ils
sont tour à tour revendicatifs, intimistes, poétiques, narratifs.
Certains écrivent la vérité et que la vérité (croient-ils).
D’autres penchent vers l’autofiction ou, carrément,
s’inventent un personnage et tentent le plus longtemps et le
mieux possible de tromper leurs lecteurs.
Tel
blogueur qui n’écrit que de courts textes laconiques sur son
journal électronique se montrera étonnamment dissert dans les
commentaires qu’il postera sur les blogs de ses contacts – et
inversement.
Une première scène (je ne sais pas si
je l’utiliserai dans mon livre, mais ça sera mon premier travail
de défrichage) : cinq blogueurs participent à une même
soirée. Chacun la raconte avec son style particulier et, surtout,
son ressenti personnel. Ensuite chacun commente le blog du voisin
– en fonction de ce qu’il a lu, bien sûr, mais aussi de ses
rapports avec la personne et de la façon dont il souhaite être
perçu des autres.
Ajoutons à ça la possibilité
d’inclure images, sons et vidéos.
Une
question, alors : quelle place conserve notre bon vieux livre
monolithique dans cette histoire ? Pourquoi, en gros,
s’encombrer d’édition papier alors que, pour ce projet,
l’écriture web est infiniment plus
riche ?
Tout simplement parce que
l’édition papier donnera un sens, un ordre dans le chaos des
posts, des commentaires et des hyperliens. L’ossature
dramatique et narrative sera assurée par le livre qui a un début,
une fin et une trame linéaire. Le web sera la matière foisonnante,
la liberté pour l’internaute de se promener de lien en lien. Le
papier, ça sera des choix, une sélection, une
organisation.
On trouvera beaucoup plus de contenu
sur le web que sur le papier. Si un lecteur du livre s’intéresse
à un personnage en particulier, il pourra continuer Ã
l’explorer sur le web. De cette façon les deux médias
seront complémentaires tout en étant, finalement, relativement
indépendants l’un de l’autre.
Voilà . Je
pense que le projet est bon. Maintenant je ne sais pas si j’ai la
carrure pour le mener à bien. Nous verrons. A partir
d’aujourd’hui, je me donne deux ans. Si vous avez des
idées, des réactions, des sites à me conseiller, surtout,
n’hésitez pas.